13 janvier 2017

Santé / Travail

Face au malaise professionnel : trousse de secours

Le secteur Santé/Métier reçoit au local du SNES académique des collègues en souffrance.
Sans entrer dans le détail des cas individuels, nous pouvons faire quelques constats ; Tout d’abord, deux points majeurs de fragilité dans la carrière enseignante : les débuts, bien évidemment, mais aussi les fins de carrière qui peuvent « commencer » maintenant dès 50 ans.
La dégradation des conditions de travail, de même que les effets délétères des réformes successives ou encore de relations dégradées avec les directions d’établissement, contribuent fortement à l’altération de l’état de santé d’ un nombre croissant de collègues .
Quelques principes à suivre quand on est directement ou indirectement confronté-e à un état de souffrance liée à l’exercice du métier.
1) Ne pas rester isolé-e : rapprochez-vous de collègues de confiance, de votre médecin généraliste , alertez votre syndicat ( notre secteur par exemple) lequel vous aidera à faire le point sur votre situation et à prendre du recul.
2) Ne pas se dévaloriser : vos difficultés, quand elles ne relèvent pas de problèmes de santé installés et inhérents à la personne, traduisent des dysfonctionnements liés à l’activité professionnelle et provoquées par un contexte de classes, d’établissement, d’organisation du travail, de relations avec la hiérarchie mais aussi de politique rectorale et ministérielle en matière éducative qui peuvent conduire à un épuisement physique et psychique sévère.
Quand un-e professionnel-le est malade, c’est son métier qui est malade : la conscience d’un travail « empêché » ronge la confiance en soi et le désir d’exercer.
3) Savoir s’arrêter : le travail est rude, la retraite lointaine, les perspectives étroites : un arrêt maladie pris « à temps » rend autant service au collègue, qu’à l’Institution. Mieux vaut éviter le « cours de trop » qui transformera le malaise en mal-être aggravé nécessitant un long rétablissement et dont les élèves ne tireront de toutes façons aucun profit !
4) Reprendre la main sur son métier : il faut renouer avec le sens profond du métier par des contacts et des échanges en collectifs professionnels qui permettront de redéfinir les critères de la qualité du travail enseignant, dont nous sommes, au passage, les premier-e-s expert-e-s !
Vous pouvez à ce titre consulter notre gazette « le métier a la parole » sur le site du SNES et contacter le secteur métier du SNES académique qui vous aidera à poursuivre cette réflexion salutaire sur le travail.
Sylvie Lesné et François Collet
NB : des questions, des réactions par rapport à cet article ? N’hésitez pas, contactez-nous à S3orl@snes.edu