Une nouvelle fois, après les grèves du 17 octobre et du 28 janvier, après la manifestation nationale du 8 décembre, après les multiples actions de grève et de manifestation des surveillants et aides-éducateurs depuis le 24 septembre, après la manifestation nationale des CO-Psy le 24 janvier, le SNES appelle l’ensemble des personnels à la grève le 18 mars, dans l’unité, avec la FSU, le SGEN, la FERC-CGT et la FAEN contre la politique éducative du
gouvernement.

Le SNES vous en rappelle les quatre grandes raisons :

Restrictions budgétaires et limitation de l’ambition éducative

Loin de chercher à résoudre les graves problèmes de scolarisation et d’échec scolaire que nous vivons tous les jours dans nos classes, le gouvernement a fait le choix de limiter la scolarisation des jeunes, de délester fortement, dès l’âge de 14 ans, les collèges, tout en poursuivant les aspects les plus contestables de la politique suivie par le gouvernement précédent en matière de réformes (réduction des horaires des élèves, généralisation sans bilan des IDD en Quatrième et des TPE en Terminale, introduction du contrôle local au bac...).

Le plan de programmation que nous avions arraché après le départ d’Allègre (1 000 créations nettes d’emplois, 1 000 créations par transformation d’HS, 3 000 créations par transformation de crédits pour titulariser des précaires) a été abandonné et remplacé par la suppression de 5 600 postes de surveillant au moment où arrivent à échéance au moins 20 000 contrats d’aide-éducateur. Le ministère redéploie 1 700 emplois des académies du nord vers le sud, ponctionne de plusieurs centaines d’emplois des académies qui « vivaient au-dessus des emplois délégués » et les recteurs intensifient leur chasse aux postes par gonflement des effectifs, suppression d’options, renoncement aux dédoublements.

Les crédits de l’enseignement scolaire ont été amputés. Ils viennent de subir une nouvelle ponction de 100 millions d’euros. Ces amputations touchent les crédits pédagogiques pour les enseignements artistiques ou la formation continue déjà bien
mal en point.

Insuffisance des recrutements et des titularisations

Au lieu de prendre des mesures pour enrayer la chute des candidats aux concours, par exemple en ouvrant des prérecrutements, le gouvernement a préféré supprimer le congé de fin d’activité. Si nous l’avons contraint à annoncer 18 000 postes aux concours 2003, il n’est pas certain que tous les postes seront pourvus et les personnels précaires vont payer une partie de la facture. Les titularisations qui se feront cette année seront faites sur les postes vacants et 1 200 possibilités sont perdus avec la baisse sans précédent des postes aux concours réservés et aux concours internes. Le ministères persévère dans l’emploi massif des prof-kleenex que sont les vacataires et n’ouvre aucune négociation pour résorber la précarité.

Assistants d’éducation : tous concernés

Le gouvernement profite de sa force pour aller plus loin et pour installer dans nos établissements le statut dont nombre de gouvernements ont rêvé depuis des années pour en finir avec le statut actuel de la fonction publique. Contrat à durée déterminée de 6 ans maximum, qui ne concernera plus exclusivement des étudiants ; missions
floues et polyvalentes ; service annualisé et fortement alourdi (35 heures hebdo là où un surveillant faisait 28 heures ; service calculé sur 46 semaines au lieu de 37 ; aucun droit à congé pour examen) ; recrutement local par l’établissement.

Que personne ne pense que le gouvernement s’arrêtera aux surveillants et aux emplois-jeunes. Son projet est bien d’étendre un tel statut et d’amplifier la précarité. Il faut ensemble mettre en échec le projet de loi et les décrets en préparation. Il n’y a pas de temps à perdre car le ministère veut aller vite.

Les menaces de la décentralisation deviennent réalité

Depuis le discours de Raffarin du 28 février à Rouen, on sait à quoi s’en tenir. Le gouvernement se débarrasse de 150 000 fonctionnaires. Dans l’éducation, il s’agit des CO-Psy, des assistantes sociales, des médecins scolaires, des personnels techniques et ouvriers, dès 2004.

Il pousse à l’abandon du cadre national de l’éducation et renforce l’autonomie des établissements, c’est-à-dire le pouvoir des élus et des parents. Avec le pouvoir donné aux Régions sur la carte des formations, l’orientation des jeunes et le pouvoir donné aux conseils généraux sur la sectorisation des collèges, on n’aura plus affaire à une politique nationale de l’éducation.

A la clé, ce sont le renforcement des ghettos scolaires et sociaux et l’accroissement des inégalités. Là aussi le gouvernement veut aller vite. A nous de préserver l’Éducation nationale et d’exiger un système plus démocratique, plus égalitaire, plus soucieux de qualité pour tous.

Il y a des occasions qu’il ne faut pas manquer. Nous sommes face à une politique particulièrement agressive vis-à-vis du service public. Cette mobilisation pour l’éducation n’exclut évidemment pas d’autres actions avec des partenaires plus larges pour défendre nos retraites. C’est ce que le SNES et la FSU cherchent à construire dans les jours qui viennent.

Il faut être massivement en grève le 18 mars et préparer la suite