La participation au Congrès de la FSU-28 à Chartres a été dopée par la présence de Gérard Aschieri : des débats animés, sans langue de bois, empreints de la volonté de faire grandir la capacité d’action de la fédération. Voilà ce qu’il faut retenir de ce congrès auquel ont assisté près d’une centaine de syndiqués dont une moitié de SNES.

Un tiers du temps a été consacré à un retour sur le mouvement du printemps dernier : plusieurs intervenants, minoritaires, ont reproché à la direction fédérale nationale d’avoir freiné le mouvement, notamment en annonçant très tôt le refus du boycott du bac, revendiqué par des collègues. G.Aschiéri a rappelé les risques de ce type d’action : piège tendu par le pouvoir pour provoquer une rupture avec l’opinion, cela au moment où il y avait un essoufflement dans les écoles ; impossibilité d’extension à d’autres secteurs ; casse de la dynamique unitaire sur les retraites à cause de l’attitude de la CFDT, signataire d’un accord de régression que nous refusions.

Sur l’évolution de la FSU, une large majorité s’est prononcée pour un élargissement progressif avec, comme première étape, toutes les fonctions publiques : il s’agit à la fois d’accueillir ceux des personnels - non syndiqués ou issus de la CFDT - qui se reconnaissent dans les pratiques de la FSU plutôt que celles d’autres confédérations. Les congressistes ont estimé, pour le moment, difficile d’aller plus loin.

Concernant les objectifs du système scolaire, tous les participants se sont prononcés pour la nécessité de se donner les moyens pour la réussite de tous les jeunes au plus haut niveau possible en diversifiant les voies de formation. Il a été beaucoup insisté sur la difficulté du métier, surtout en collège mais pas exclusivement : l’affichage d’une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans n’a recueilli qu’une courte majorité, une forte minorité s’est abstenue jugeant cet objectif peu réaliste actuellement.

Enfin G.Aschiéri est revenu sur l’actualité du jour : la remise du rapport Stasi sur la laïcité au Président de la République pour resituer le problème : la première bataille laïque est éducative ; il faut se battre pour que l’école soit à l’abri de toutes les pressions, non seulement religieuses mais aussi de toute marchandisation. La loi risque d’avoir un caractère rétrograde et de ne pas être suivie d’effets.

Pour la FSU, pas question d’esquiver la politique de régression que traduit le budget 2004 dans l’Éducation Nationale ; il y a urgence à construire une mobilisation autour de l’École et des services publics.