Le 2 décembre, les établissements ont reçu un courrier intitulé «  Inscription du projet de vie scolaire au projet d’établissement  », que la plupart des collègues ne connaissaient même pas au mois d’avril.

Un certain réveil de fin d’année a lieu, puisqu’il semble désormais qu’une pression s’exerce pour écrire ce « projet ».

Que nous dit cette lettre ?

Elle rappelle différentes composantes de l’action du CPE…, sauf que nous aimerions savoir sur quels textes réglementaires s’appuient ces composantes. Peut-être sont-ils extraits de textes produits quelque part en Europe ou dans des pays anglo-saxons, mais étant fonctionnaires français, nous évoluons dans un cadre statutaire et réglementaire français, ce que semble parfois oublier ou regretter notre administration.

Il est aussi particulièrement frappant de constater que les élèves eux-mêmes n’apparaissent pas comme composantes de l’action du CPE. Il est intéressant de mettre ceci en rapport avec ce qu’expriment les lycéens au CAVL ( séance du 14/12/2010) :
« Améliorer le suivi personnel des élèves en ramenant davantage d’humain » dans la gestion du suivi, afin de dépasser le cadre administratif, « veiller à ce que ce soient les CPE, les COP qui aillent au devant des élèves en difficulté et non attendre l’inverse ».

Oublier de parler des élèves comme composante de l’action des CPE, transformés en "managers éducatifs" éloignés de la réalité vécue et exprimée par les élèves, est certainement la meilleure façon de répondre aux aspirations des lycéens…

Mais l’objectif du gouvernement n’est pas cela, il s’agit juste de faire des économies.

Intéressons-nous maintenant à la méthodologie employée.

La première question est de savoir si nous sommes face à un "projet de service vie scolaire" ou à un "projet vie scolaire" ?

Admettons qu’il s’agisse d’un projet vie scolaire...

Nous sommes obligés de rappeler que ce qui est présenté comme une nouveauté existe depuis la circulaire du 28 octobre1982 :
« L’ensemble de responsabilités exercées par le conseiller d’éducation et le conseiller principal doit toujours être assuré dans une perspective éducative et dans le cadre global du projet d’établissement. »

Alors oui, nous sommes pour travailler en équipe avec les collègues, avoir du temps pour travailler dans le cadre du projet d’établissement à diagnostiquer, chercher ensemble des solutions, et pour que cela soit partagé par tous, de le faire dans le cadre du projet d’établissement.

Mais là, quelle méthodologie nous propose-t-on ?

D’y réfléchir et de le rédiger d’abord dans notre coin, et ensuite, parce qu’on se rend bien compte qu’il faut un minimum de dialogue, qu’il « semble opportun d’inscrire cette thématique à l’ordre du jour d’un conseil pédagogique ». Lire ceci est tout bonnement incroyable.

Si statutairement, ce texte ne tient pas la route, il est de plus complétement coupé des aspirations et de la réalité vécue par les élèves et les collègues .

Oui il y a des élèves dans les établissements, et ce sont eux en faveur de qui notre action se fait !

Oui nous avons besoin, tous, pour la réussite des élèves, que la partie éducative du projet d’établissement ne soit pas oubliée, d’avoir du temps commun de travail, afin que le volet éducatif, ses diagnostics, ses objectifs, soient partagés par tous.

Nous invitons les collègues à refuser de mettre en œuvre ce texte, qui est une très mauvaise réponse à nos difficultés.