Début février 2010, les personnels des 3 Centres d’Information et d’Orientation du Cher apprenaient par voie de presse que le Conseil Général baissait de façon drastique leur budget en 2010 (-20%) et souhaitait se désengager de leur financement en 2011. Grâce à une mobilisation importante des personnels des 3 CIO et du soutien des enseignants, des parents d’élèves, des usagers… 1500 signatures ont été recueillies en 4 semaines. Des courriers ont été envoyés à l’ensemble des élus : conseillers généraux, députés, sénateurs, maires…et des rencontres ont été organisées.

La médiatisation du mouvement de protestation et des actions entreprises (ex du 12 mars) a permis d’obtenir un premier recul du CG : -7,5% de baisse du budget pour 2010. Mais la situation reste préoccupante puisque le président du CG a réaffirmé sa volonté de ne plus prendre en charge le fonctionnement des 3 CIO en 2011. Il considère que la mission d’orientation est une mission de l’EN donc de l’Etat et qu’elle ne fait pas partie de lois de décentralisation.

Ce qui s’est passé dans le Cher n’est pas un acte isolé, d’autres CG ont engagé le même bras de fer avec l’Etat qui transfère de nombreuses missions aux collectivités territoriales sans compensation financière à la hauteur ; c’est le cas de la Seine St Denis, de la Saône et Loire, de la Seine Maritime…De plus un certain nombre de collectivités territoriales se trouvent dans des situations financières intenables.

Mais les CG n’ont pas mesuré les conséquences désastreuses de telles décisions pour les services d’information et d’orientation de l’Education Nationale : en effet, cela crée les conditions pour en accélérer leur disparition (déjà bien entamée avec une réduction drastique des recrutements des copsy depuis 2005). Un exemple illustre parfaitement cela : en Saône et Loire, après la décision du CG de ne plus financer les CIO départementaux, le rectorat de Dijon en a profité pour fusionner 7 CIO en 2 structures !!!

La réforme du lycée et notamment la mise en place de l’accompagnement personnalisé et le tutorat, mais également les entretiens d’orientation assurés par les enseignants en 3e, 2de et 1re depuis quelques années, sont autant de mesures qui préparent un changement dans une conception de l’orientation tel que la défend le SNES. Cette nouvelle vision défendue par ce gouvernement induit une orientation mécanique visant à satisfaire les besoins économiques, et s’appuie sur une conception purement rationnelle dans le processus d’élaboration de projet, l’information sur les métiers et l’entreprise en devenant les éléments centraux.