24 juin 2008

Mutations /Statuts / Carrières

CAPA du 24 juin 2008 : Accès à la Hors Classe des Certifiés

La CAPA des certifiés s’est réunie le 24 juin 2008 pour examiner les propositions rectorales d’avancement à la hors classe. Le Ministre, pour essayer de donner le change face aux mobilisations des enseignants, notamment sur les besoins de revalorisation de la profession, a lâché un peu de lest : le nombre des promotions est passé de 274 l’année dernière à 308 cette année.

- Les syndiqués peuvent connaître leur résultat personnel en cliquant ici

A cette CAPA, nous avons enregistré quelques avancées, suite à nos interventions de l’an passé, le dialogue social s’étant amorcé : une phase de dialogue a été prévue dans les établissements, mais a-t-elle toujours été effective ? La circulaire reconnaît aussi un peu mieux l’expérience des collègues les plus anciens qui n’ont pas bénéficié d’un avancement au choix, mais, en dehors de 6 collègues « repêchés » par le Recteur, leur situation ne s’améliore pas.

Lors de cette CAPA, nous avons donc mis en avant les points suivants :

1/ La remise en cause de l’ancienneté est à l’œuvre : des fins de carrière « déméritantes » ?

Jusqu’en 2004, la très grande majorité des certifiés accédait à la hors classe avant le départ à la retraite. Cette année, sur les 227 promouvables ayant plus de trois ans d’ancienneté dans le 11e échelon, 63 seulement sont promus (27 %, contre 40 % l’an dernier et 50 % il y a deux ans). Dans le même temps, des enseignants au 10e, au 9e, voire au 8e échelon sont retenus.

2/ Le fait du prince

On constate, de manière encore plus flagrante que l’an dernier, des incohérences « inexplicables » entre les différentes parties du barème.
A profil égal, on peut avoir des avis très différents des chefs d’établissement ou des IPR. En ce qui concerne l’avis du recteur, le bilan est le même : par exemple, deux avis « très favorable » du chef d’établissement et de l’IPR peuvent aboutir à un avis « remarquable » du recteur, soit 60 points ; a contrario, nombreux sont les collègues qui voient leurs avis « très favorable » et « favorable » se transformer en avis rectoral « exceptionnel », soit 90 points. Les avis permettent donc de contourner les notes qui, malgré toutes leurs insuffisances, restent des critères relativement contrôlables et encadrés !

3/ Toujours des inégalités de traitement entre collègues.

Pour être promu, mieux vaut être certifié par liste d’aptitude plutôt que par concours, récemment inspecté, enseignant en ZEP, en section européenne, dans le Supérieur, enseigner en Mathématiques plutôt qu’en Histoire-Géographie ou Lettres Modernes, ne pas être en congé de maladie…

Pour être un « bon enseignant », il faut se distinguer par des missions extérieures à la pratique modeste de la classe… Peu importe le cœur du métier, les avis s’attardent toujours autant sur la panoplie de projets et autres activités périphériques censés démontrer l’investissement.
Nous avons aussi insisté sur les injustices liées aux retards d’inspection, ainsi qu’aux avis émis par les chefs d’établissement et les IPR.
Non seulement nous estimons que les critères affichés sont très critiquables, mais nous ne savons toujours pas ce qu’est un « bon enseignant ». Nous savons juste qu’ils sont 308 à être assez méritants…

Le traitement qui nous est réservé, à travers l’accès à la hors classe, repose sur une logique dangereuse, qui produit des discriminations inacceptables, sans rapport avec la valeur professionnelle des enseignants. Nous rejetons donc en bloc la circulaire et exigeons que la hors classe soit transformée en un 12e échelon accessible à tous.
Dès la rentrée, nous poursuivrons les actions pour dénoncer ce système et promouvoir nos revendications en la matière.

P. Andrieu, M. Avignon, C. Blet, F. Brinas, M. Condachoux, B. Corriger, M.-P. Fresneau, C. Lesné, M. Libert, V. Mercy, P. Placidet et H.-S. Radenac, commissaires paritaires du SNES