Service public de l’Education Nationale / Fonction Publique GREVE NATIONALE le 20 janvier 2005

Alors que le service public d’éducation nationale se doit d’assurer la réussite de tous les jeunes et ainsi de répondre aux besoins de la société, les fédérations nationales de l’Education : FAEN, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Education dénoncent une politique qui va à l’encontre de ces exigences.
Après les coupes intervenues depuis 2003, les mesures de carte scolaire, de suppressions de postes et de fermetures de classes résultant du budget 2005 sont d’une extrême gravité.

L’académie d’Orléans-Tours est lourdement frappée par les effets de la politique gouvernementale : retrait de 312 postes dans le second degré pour une baisse prévue de 2503 élèves, soit 1 poste supprimé pour 8 élèves en moyenne (après la perte de 226 postes à la rentrée 2004 et de 99 postes à la rentrée 2003) et l’apport de seulement 25 emplois dans le premier degré pour 2289 élèves supplémentaires attendus, soit 1 poste pour 91 élèves en plus. La situation des personnels administratifs s’aggrave elle aussi avec la suppression de 23 postes cette année (après la perte de 34 postes à la rentrée 2004).

Ces mesures sont lourdes de conséquences pour les élèves et l’ensemble des personnels : réduction de l’offre d’enseignements, diminution des moyens de lutte contre l’échec scolaire, dégradation des conditions de travail et d’enseignement, précarité accrue. La diminution des recrutements compromet l’avenir.

Ces choix budgétaires éclairent pour partie le contenu du projet de loi d’orientation qui non seulement ne comporte aucune programmation de moyens nouveaux mais prévoit de nouveaux redéploiements. Ce projet rejeté très largement par le Conseil Supérieur de l’Education tourne le dos aux objectifs qu’il affiche. Ses dispositions ne permettront pas de conduire tous les jeunes à la réussite scolaire, de réduire les inégalités et, pour certaines, elles dégraderont les conditions d’exercice de nos métiers.

Par ailleurs les transferts de personnels résultant de la loi de décentralisation se poursuivent en dépit de l’opposition des personnels.

Cette politique intervient dans un contexte de remise en cause des services publics, du statut de leurs agents et de baisse de leur pouvoir d’achat.

Les fédérations veulent une autre politique permettant de rendre effective une véritable ambition pour les jeunes et le service public. Elles réclament un plan d’urgence pour répondre aux besoins.

Elles exigent l’abandon de ce projet de loi, qui ignore les attentes exprimées lors de multiples débats, et l’ouverture d’une véritable négociation pour élaborer une loi ambitieuse pour l’avenir des jeunes.

Elles revendiquent une politique des services publics répondant aux besoins de la société et dans ce cadre le rétablissement et la progression du pouvoir d’achat.

Les fédérations appellent les personnels à se mobiliser avec les parents et les jeunes, dans le prolongement des actions déjà conduites.

Dans l’académie d’Orléans-Tours, les organisations syndicales signataires , lancent un APPEL PRESSANT à la mobilisation des personnels dans les établissements, dès maintenant, en utilisant tous les moyens à leur disposition, dans des formes définies au niveau départemental, par exemple :

  • réunion d’information syndicale (en regroupant éventuellement deux ou trois heures) ;
  • Conseil d’Administration extraordinaire (de droit à la demande d’1/3 des membres) ;
  • demi-journée banalisée (par exemple sur décision du CA) ;
  • ...

L’objectif est de créer les conditions, localement, du débat et de la mobilisation de tous les personnels :

  • pour analyser les conséquences des retraits de moyens et des mesures gouvernementales.
  • pour les faire connaître très largement, par exemple : lettre commune aux parents de l’établissement, communiqués de presse, interpellation des élus nationaux et des pouvoirs publics (préfet, Recteur, IA)
  • pour définir dans les départements des initiatives d’action à tous les niveaux, par exemple : (rassemblements, manifestations, meetings, forums, etc.) et créer les conditions de la réussite de la journée de grève et de manifestations du 20 janvier.
  • pour débattre des suites de l’action.

Inscrite dans une mobilisation plus générale de l’ensemble des fonctionnaires, cette journée doit permettre, dans l’unité la plus large, d’exprimer fortement l’exigence d’autres mesures pour le progrès du service public de l’éducation nationale qui prennent en compte les besoins des usagers et les revendications des personnels.

La campagne d’opinion, le rassemblement massif des personnels, l’unité intersyndicale réalisée et la poursuite de l’action permettront de créer le rapport de forces qui doit contraindre le gouvernement à changer ses projets.

Orléans, le 06 janvier 2005